
C'est après 4 jours d'escapades dans les îles du Cap vert que, le lundi 17 au soir vers 22h, nous appareillions pour le grand saut!
Dans les préparatifs de ces quinze jours à venir, perdus au milieu de l'océan, j'avais envie de laisser un petit mot "à chaud" sur le blog, de ma rencontre avec les terres Africaines et puis aussi, prévenir, laisser une trace, donner une notion à mes fervents lecteurs-amis du temps sur l'eau, que j'allais passer. Et puis aussi, faire un petit brin de courses de quelques éléments "bonus" à la traversée, comme 2 bières, théoriquement interdites à bord pour cause de réinsertion d'un public fragile, et sensible à l'intoxiquant. Je ne voulais me priver de ce petit plaisirs de me boire une petite bière en cours de route, dans un moment calme et opportun de la journée, plutôt même de la nuit, en regardant les étoiles et savourant cet instant exeptionnellemnt privilégié! Ces petites courses dans la précipitations m'ont quand même fait rencontrer un jeune Cap- verdien, parlant très bien l'anglais, qui m'a rendu service, donné des conseils et bizarrement en si peu de temps, une sorte d'amitié sincère dans la rencontre et le mélange de nos différences. Il est parti avec moi dans ma traversée, par l'esprit, me laissant son email pour suivre la suite des évènements.
Après m'être agitée dans cette heure impartie pour gérer les commentaires du blog et les courses, dans les rues de Mindelo où je me sentais bien, même de nuit, je traverse une dernière fois le port de commerce où notre bateau était, encore à quai, en plein préparatifs, rangé, nettoyé et presque prêt à partir mais animé d'une activité humaine chantante au son de l'accordéon. Cette effervescence toute particulière du départ était bien différente des autres départs, quelque chose de nouveau, de plus fort, de plus dense se ressentais...
22h, ça y est , le temps est venu de s'embrasser une dernière fois avec ceux qui restent à terre et de larguer les amarres pour de nouveaux horizons aquatiques. C'est ici, que notre Camille chanteur nous quittera. "ah! qu'il est con ce Yves!"...c'est un petit clin d'oeil. L'excitation du départ m'a toujours empêché de m'endormir tôt;c'étaient des moments très spéciaux à mes yeux: on quitte une terre pour en retrouver une autre, sans vraiment savoir ce qui va se passer entre les deux. Je n'ai jamais considéré la mer comme innofensive, elle ne m'inquiètait pas outre mesure non plus lorsque je me retrouvais sur le pont, bercée par le roulis typique du Bel-espoir...c'est en fait une sensation étrange que de savoir que le voyage peut-être "fatal" lorsque l'on est encore en train de regarder la terre s'éloigner à mesure que le bateau file sur l'eau et puis, finalement tourner le dos à la terre avant même qu'elle n'ai disparue, pour acceuillir l'inconnue de l'océan, d'un oeil serein planté sur l'horizon. Le nez au vent, l'air est doux et chaud, la mer est belle, le ciel est découvert... |